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Logement des Troupes Royales sous Louis XIV

Contribution de la communauté de Larnage pour le logement et la nourriture des troupes royales au XVIIème Siècle

Plusieurs ordonnances de l'intendant du Roi en Dauphiné, permettent de montrer les modalités d'entretien des troupes royales dans cette généralité, et la part qui incombait à la communauté de Larnage dans les années 1689-1690, c'est à dire, il y a plus de trois siècles
Le Roi de France était alors Louis XIV. Son règne fut une suite quasiment ininterrompue de guerres, mettant à mal les finances du royaume. La question fiscale et la contribution à l'entretien des armées deviendront de ce fait particulièrement importantes.

L' Ordonnance royale du 12 février 1689

Dans l'hiver 1688-1689, quatre régiments de cavalerie sont en quartier d'hiver dans le Dauphiné [1] : Il s'agit des régiments de cavalerie de Noailles, Montperroux, Sibours et Langallerie. Chaque régiment est composé de 12 compagnies, soit environ 500 hommes avec leurs chevaux. C'est donc environ 2000 cavaliers qui sont à la charge du Dauphiné cet hiver là, et qu'il faudra loger et nourrir avec leurs montures…
La communauté de Larnage doit prendre à sa charge 3 cavaliers de la compagnie de Brisson, faisant partie du régiment de Langallerie. Elle ne les supportera pas tout l'hiver mais seulement pour la deuxième partie, c'est à dire de fin février au 25 mai 1689.
Le nombre de cavaliers affectés à la communauté de Larnage est proportionnel à sa contribution à la Taille[2]. Faut-il en déduire, comme le laisserait penser notre évaluation du nombre de soldats, que la communauté de Larnage représentait 3/2000 des Tailles du Dauphiné ? Ce serait lui donner une place exagérée, car les villes chargées du logement de l'infanterie étaient exonérées de la prise en charge des cavaliers, et devaient, proportionnellement, peser beaucoup plus lourd dans le poids des Tailles.
La contribution des communautés rurales à l'entretien des troupes royales est définie en nature. Celles-ci doivent fournir aux cavaliers le simple logement ainsi que place au feu et à la chandelle de l'hôte. Pour les officiers se rajoute le lit.
Les communautés doivent également nourrir les chevaux sur la base de 2/3 d'un boisseau d'avoine[3], 15 livres de foin et 5 livres de paille, par cheval et par jour. Cette fourniture de ration ouvre droit à un crédit d'impôt de 5 sols par ration, à valoir sur la Taille normalement due par la communauté. Pour ce faire, la communauté de Larnage devra présenter les quittances délivrées par les militaires au receveur de l'élection de Valence.
La nourriture des cavaliers reste à leur charge. Pour éviter les contestations le contenu et le prix de la ration sont réglementés. La ration comprend :
  • une livre et demie de pain (entre bis et blanc),
  • une pinte de vin[4],
  • une livre et demie de viande (bœuf, veau ou mouton), ou la valeur de 2 sols et 6 deniers en viande salée, œufs ou fromages.
  • La ration est payée par les cavaliers sur leur solde, pour un montant de 4 sols[5].
Les habitants des communautés villageoises peuvent s'exonérer des prestations en nature relatives au logement et à la fourniture de fourrage. Dans ce cas ils doivent verser aux capitaines des compagnies 8 sols et 6 deniers par jour et par cavalier. Ils doivent de plus abandonner le crédit d'impôt de 5 sols au titre des fourrages. La somme est payable par avance de 10 jours en 10 jours.
Les montants sont nettement supérieurs pour les officiers :
- Maîtres de camp : 50 sols/jour,
- Lieutenants colonels : 42 sols/jour,
- Capitaines ou majors : 25 sols/jour,
- Lieutenants ou aides majors : 18 sols/jour,
- Cornettes : 14 sols/jour,
- Maréchaux des logis : 9 sols/jour.
On ne sait pas si la communauté de Larnage utilisait ou non cette possibilité.
Les cavaliers avaient l'interdiction de sortir de leurs quartiers d'hiver pour visiter les alentours. De même, ils avaient l'interdiction absolue de porter des armes à feu pendant leur séjour.
Notes :

[1] Les quartiers d'hiver 1688-1689 ont une durée de 6 mois, s'étalant de fin novembre 1688 jusqu'au 25 mai 1689. L'affectation des régiments aux généralités a été décidée par l'ordonnance royale du mois de novembre 1688.

[2] La Taille est l'impôt direct de ce temps. Une sorte de compromis entre ce que nous appelons aujourd'hui les impôts fonciers et l'impôt sur le revenu.

[3] Le boisseau est une ancienne unité de volume valant un peu plus de 12,5 litres.

[4] La pinte de vin représentait un volume de 0,93 litres à Paris.

[5] On peut donc considérer que 1,5 livres de pain et une pinte valent ensemble 1 sol et 4 deniers, ou encore 16 deniers.